Destinations

La Romana

La Romana est une ville sucrière de quelque 130 000 habitants qui vit à côté de l'un des plus grands complexes de villégiature des Caraïbes, sans se confondre avec lui. On y vient pour Altos de Chavón et la rivière Chavón, pour embarquer vers Isla Catalina, et parce que c'est le point de passage obligé vers Bayahibe. La ville elle-même se visite en deux heures.

Pour qui, et combien de temps

Il faut distinguer trois La Romana. Il y a la ville, organisée autour de sa centrale sucrière encore en activité, avec un parc central, un marché et un malecón sans plage. Il y a le grand resort privé de l'est de la ville, ses parcours de golf, sa marina et son village-musée d'Altos de Chavón, qui fonctionne comme une enclave payante. Et il y a la côte, avec son port de croisière et l'accès aux îles.

Pour un voyageur en itinérance, La Romana est une étape d'une demi-journée à une journée : Altos de Chavón le matin, déjeuner à la marina ou en ville, et route vers Bayahibe, à 20 minutes, pour dormir. Pour un couple en voyage de noces ou un golfeur, c'est une destination de séjour à part entière, où l'on reste cinq à sept nuits sans sortir du domaine. Pour une famille au budget moyen, l'intérêt est faible : mieux vaut baser le séjour à Bayahibe ou Dominicus et venir à la journée.

Le climat suit celui de tout le sud-est : chaud toute l'année, plus sec de décembre à avril, plus humide et plus orageux de mai à novembre. Le mois d'août et septembre concentrent le risque cyclonique, détaillé dans notre page sur la saison cyclonique.

Que voir et que faire

Altos de Chavón est le lieu le plus photographié de la région : un village de pierre construit à partir de 1976 sur une falaise dominant le río Chavón, pensé comme une évocation d'un bourg méditerranéen du XVIe siècle. Ce n'est donc pas un site historique, et le savoir évite la déception. On y trouve un amphithéâtre de 5 000 places inauguré en 1982, une église Saint-Stanislas, des ateliers d'artisans, une école de design associée à une université new-yorkaise et un musée archéologique régional consacré aux Taínos, l'une des collections précolombiennes les plus sérieuses du pays. L'entrée du village est payante pour les visiteurs extérieurs au domaine : comptez quelques dizaines de dollars par personne en 2026, tarif à vérifier au poste de garde car il évolue.

En contrebas, le río Chavón coule entre des berges de végétation dense ; c'est ce décor qui a servi pour plusieurs tournages américains dans les années 1970 et 1980. Des sorties en bateau d'une heure ou deux remontent la rivière depuis la marina, souvent combinées avec le village.

La Romana est aussi l'un des deux ports d'embarquement, avec Bayahibe, pour les îles protégées du parc national Cotubanamá. Isla Catalina se trouve à une dizaine de kilomètres au large : plage, récif et snorkeling, 70 à 110 US$ par personne en 2026. Isla Saona, la plus courue, part surtout de Bayahibe, entre 60 et 90 US$ ; notre comparatif Saona ou Catalina aide à trancher. Les fonds de la zone comptent parmi les meilleurs du pays pour la plongée, notamment sur les épaves volontairement immergées.

Le golf est l'autre spécialité locale : le parcours signature dessiné en bord de mer dans les années 1970 figure régulièrement en tête des classements caribéens, avec des green fees élevés, 150 à 400 US$ en 2026 selon la saison et le parcours. En ville, le marché municipal et le parc central donnent une image plus ordinaire de la région, et l'artisanat en larimar ou en ambre se négocie plus honnêtement qu'à la sortie des bateaux de croisière.

Où dormir

Trois options réelles. Le grand domaine de l'est propose villas avec personnel et suites d'hôtel : 250 à 900 € la nuit en 2026 pour une villa, davantage en période de fêtes, comme le décrit notre page villas de luxe. En ville, quelques hôtels de standing moyen destinés aux voyageurs d'affaires et aux équipages tournent autour de 40 à 90 US$ la nuit pour deux. Enfin, à 20 minutes, la zone de Bayahibe et Dominicus concentre les complexes tout compris familiaux, entre 100 et 180 € la nuit pour deux en basse saison.

Le choix se fait surtout sur la mobilité : la ville n'a pas de plage, donc dormir en centre-ville n'a de sens que si vous avez une voiture ou si vous êtes de passage. Pour un séjour balnéaire, orientez-vous vers Bayahibe. Pour un séjour golf ou marina, le domaine se suffit à lui-même, avec les tarifs de restauration qui vont avec.

Comment s'y rendre

La Romana possède son propre aéroport international (LRM), à une dizaine de minutes du centre, desservi par des vols charters saisonniers depuis l'Europe et l'Amérique du Nord et par quelques liaisons régionales. La plupart des voyageurs francophones arrivent toutefois par Punta Cana (PUJ), à 1 h 15 de Bayahibe, ou par Las Américas (SDQ), à Saint-Domingue.

Depuis Saint-Domingue, comptez 1 h 30 de route par l'autoroute des Amériques puis l'autoroute du Coral ; depuis San Pedro de Macorís, 30 minutes ; depuis Juan Dolio, 50 minutes ; depuis Bayahibe, 20 minutes. Les péages du corridor Saint-Domingue – Punta Cana atteignent environ 600 DOP au total.

Les bus longue distance climatisés relient la capitale à La Romana pour 400 à 700 DOP, avec plusieurs départs par jour ; les guaguas desservent Bayahibe et Higüey pour 100 à 200 DOP. Le port de croisière, à l'embouchure du río Dulce, reçoit des escales en saison, avec navettes organisées vers Altos de Chavón et les îles.

Ce qu'il faut savoir avant de réserver

La coupure entre la ville et le domaine privé est brutale et parfaitement visible : d'un côté un ensemble fermé de plusieurs milliers d'hectares avec ses propres routes et sa sécurité, de l'autre une ville ouvrière où l'électricité s'interrompt régulièrement. On peut trouver cela dérangeant ; il vaut mieux le savoir avant de réserver.

Altos de Chavón se remplit dès qu'un bateau de croisière est à quai : y aller tôt le matin ou en fin d'après-midi change tout. Le tarif d'entrée pour les visiteurs extérieurs surprend souvent, et les prix de la restauration à l'intérieur du village sont ceux d'une station internationale, pas ceux du pays.

Sur la côte, les sargasses peuvent toucher les plages de la zone entre mars et août, de façon très inégale d'une année à l'autre. Les vendeurs et rabatteurs d'excursions sont présents à la sortie du port et sur les plages de Bayahibe : les tarifs annoncés dans la rue sont souvent supérieurs de 20 à 30 % à ceux d'une agence installée, un classique décrit dans nos arnaques courantes. Enfin, en ville, l'odeur de la mélasse quand la centrale tourne, entre janvier et juin, fait partie du décor.

Situer La Romana

Chargement de la carte…

À lire ensuite

Bayahibe · Saona ou Catalina : que choisir · Le golf en République dominicaine · San Pedro de Macorís · Retour à Destinations